Peyote

En 1936, Antonin Artaud quitte l’Europe pour se rendre au Mexique. Ce départ symbolise sa rupture avec l’esthétique surréaliste. « La culture rationaliste de l’Europe a fait faillite et je suis venu sur la terre du Mexique chercher les bases d’une culture magique qui peut encore jaillir des forces du sol indien ». Cependant, par un désir romantique de toucher le fond ou une expérience intérieure personnelle pour mieux comprendre ses semblables, Artaud entreprend « une descente pour en ressortir au jour », un voyage au sein de son voyage, une mise en abyme transcendantale. Artaud part à la recherche « de l’ancienne culture solaire ». Pour ce faire, il désire se faire initier à la culture des hommes et des femmes de la Sierra Tarahumara.

Dans leur rite religieux, les Tarahumaras consomment collectivement la racine d’un cactus, le peyotl. Celui-ci provoque une crise intérieure, induit des hallucinations et déforme la perception du temps et de l’espace. Durant ces fêtes, la danse du Tutuguri est le rite du soleil noir, ode à la mort. Yumari est le versant festif, on danse pour se prémunir des aléas de la vie, pour avoir une récolte de maïs abondante, un gibier foisonnant.

Peyote retrace ces danses à la gloire du soleil qui ont influencées indéniablement l’œuvre d’Antonin Artaud.

Enregistré à l’auditorium du MAMCS de Strasbourg le 22 juin 2016 par l’ensemble Imaginaire (flûtes Anja Brezavscek, saxophones Philippe Koerper, piano Maxime Springer).